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attributions d'un coach

 Christelle Brun
Samedi 20 Janvier 2007

[Ignorer]
je viens de débuter une formation de coach via l'IRA de Nantes. Cette formation me perturbe par le fait que nous débutons immédiatement par des ex pratiques et par le fait que j'imaginais cette formation comme un outil d'aide au management. De ce fait, certaines questions m'empêchent d'adhérer pleinement à cette démarche :
quelles doivent être les compétences d'un coach
quelles sont ses limites
quelle est la frontière entre coach et psychologue
ce rôle ne doit-il pas être exclusivement réservé à de professionnels issus de formation universitaire, ou autre, longue et validée ?

certains d'entre vous peuvent-ils me préciser ces points et m'orienter vers des ouvrages qui pourraient m'apporter quelque éclaiirage ?
merci !
 Richez Yves
Mardi 23 Janvier 2007

[Ignorer]
Bonjour Christelle,

Je prolonge le propos de Brigitte en vous proposant une réflexion.
Sachez que quoi que vous lisiez, quoi que vous entendiez, seules l'expérience, la comparaison, la fonction critique, la pratique réflexive et certainement la maturité liée au 'voyage' expérientiel vous permettra de trouver votre réponse.

Le propos suivant s'appuie sur les trois dernières années passées à l'Université de Tours où j'ai soutenu en septembre dernier un mémoire de recherche : 'émergence et actualisation des potentiels humains : contribution à l'accompagnement à la professionnalisation des coachs', mais aussi sur 23 années d'un parcours expérientiel et existentiel fort enseignant.

Votre questionnement pose effectivement « question » concernant l'amalgame régulièrement présent autour de termes devenus 'génériques' : coaching, management, thérapie, formation, conseil, mentorat, etc.
Le management est une fonction opérationnelle dont le verbe principal est 'faire'. C’est une fonction hiérarchique où le couple « pouvoir-autorité » cohabite avec plus ou moins avec d'efficacité. Le coaching, quant à lui, est une posture (nuance importante) dont le verbe principal est 'être'. Il n’entend pas de relation hiérarchique mais une parité relationnelle (sociale), comportant une disparité d'ordre expérientielle et existentielle (capitalisée).

Le coaching à l'origine est peut-être issue du sport, mais historiquement, il puise ses racines dans deux modes fondamentaux d'accompagnement. Le mode initiatique et maïeutique. L'axe principale (désolé pour le raccourci) de ces deux modes est le mouvement vers l'autonomie (autonomos - être auteur de ses lois) et l'actualisation des potentiels. L'idée issue du mode thérapeutique est l'harmonie, la guérison, le rééquilibrage. Le coaching actuel, toujours en recherche de légitimité, a beaucoup pris dans le mode thérapeutique pour donner du corps à un métier. Ma recherche m'a permis d'ailleurs de montrer les points où le coaching d'entreprise se sépare du coaching sportif. L’un travaille principalement sur le questionnement et reste « mono-polaire », c’est à dire la personne possède en « soi » toute les réponses. L’autre, travaille dans une dimension « tri-polaire », c'est-à-dire que les réponses et les enseignements se trouvent dans les « choses » autour de lui, chez les « autres » comme possibles enseignants et le « moi », comme personne capable de modifier sa propre forme. Comme le dit si bien Gaston Pineau : la dimension bio-cognitive (le trait d’union entre le vivant et le cognitifi)

Normer la compétence du coach :

Bien que la profession cherche à normaliser les compétences du coach, il vous faudra rester très vigilante concernant le terme 'compétence'. Il me semble que la compétence est certainement ce qu'il a de plus dure à 'normaliser' (je pense en disant cela aux travaux de Guy le Boterf ou Alex Lainé).

La limite présentielle du coach :
De mon point de vue (expérience + recherche) la limite de la présence du coach s'arrête au moment où l'autre est autonome, c'est à dire au moment où il est en mesure d'actualiser ses potentiels en vue de les (con)-centrer sur l'action, son objectif, sa quête, son rêve (et oui, certain d'entre nous ont encore des rêves).

Amalgame postural :

Vous verrez que pour certains le coaching est une technique, pour d’autre une méthode, ou un art, une philosophie de vie. Le coaching est quoi qu’il en soit, une posture spécifique d’accompagnement de type non thérapeutique. Et parlant d’accompagnement, je vous invite à découvrir l’ouvrage qui, de mon point de vue, est la référence dans ce domaine. Rédigé par Maela Paul et adapté de sa thèse : l’accompagnement, une posture professionnelle spécifique, aux éditions l’Harmattan.

Synthèse d’une recherche universitaire approfondie :

Je tiens à votre disposition l'article que j’ai rédigé pour la revue 'Qualitique' du mois de décembre où j'ai proposé la synthèse de ce travail (400 pages) en 20 pages. Je peux aussi vous faire parvenir une bibliographie complète et transdisciplinaire permettant d'appréhender la complexité de cette posture.

Une conclusion... philosophique :

Il me semble important de vous dire, pour conclure, que chaque personne à qui vous demanderez le point de vue aura raison dans son propos (auteur et/ou praticien). Je crois (mais c'est une croyance) que le coaching de part sa complexité est 'sans idée'. Et, mais cela n'engage que moi, plus il est 'définit' moins il est 'finit'. J'ai beau y avoir consacré un temps (très) important (le livre adapté de la dite recherche sortira en 2008), j'aime à penser que le coaching est une 'ride' sur une société souvent bien lisse. Cette 'ride' serait le dernier rempart au lissage idéologique normatif des idées explicative (expli-care - lisser les plis) - sourire (plein de rides)

Bonne année à vous
Yves Richez
 stéphanie feliculis yvonneau
Mardi 20 Février 2007

[Ignorer]
bonsoir, un peu tard peut-être, je saisis dans votre question le point de rapprochement entre 'coach et psychologue'. Il y a deux écoles, ceux qui pensent que les deux sont très diffèrents et ceux qui pensent l'inverse : simple, non ? étant et l'un et l'autre, je vous renvoie à l'article que j'ai écrit sur ce thème, pour essayer moi aussi, d'y voir plus clair (je pense qu'il y a plus de points communs que de diffèrences et peut-être pas où on le croit habituellement...)
cet article se trouve dans les archives de coachingavenue
faites-vous donc votre propre idée,... comme vous y invite déjà Yves Richez
cordialement et bon chemin à vous
Stéphanie FELICULIS YVONNEAU
 FERNANDEZ Odile
Lundi 16 Avril 2007

[Ignorer]
Bonjour,

Je viens de prendre connaissance de votre message du 20/01/2007 et je vous fais part de mon expérience :
J'ai moi-même suivi la formation à l'IRA et comme vous au début les exercices pratiques me pertubaient car je ne saisissais pas pleinement le sens de la démarche.- psy, conseiller,??? ) Et ceci d'autant plus que j'y étais venue dans le but de compléter les formations diverses et variées que j'avais suivies en management, et afin de mener à bien les changements à mettre en place.
Au fil de la formation, j'ai découvert qu'au delà des outils proposés et déjà connus ( AT, PNL etc...) il s'agissait de mettre en place une démarche , une posture de coach basée sur l'écoute et l'accompagnement de l'autre dans sa réflexion et sa problématique à travers un questionnement inductif précis ; et que cette posture ne pouvait s'acquérir que par un entraînement régulier basé sur des exercices préciset contextualisés.
Par expérience , je dirais que cette démarche qui permet de prendre du recul est précieuse pour le manager en position hiérarchique et à cet égard je vous conseille la lecture de l'ouvrage suivant : ' Le manager-coach ' de B Gautier et M.O Vervisch .
Je continue pour ma part à me former et à travailler sur ce thème avec mes binômes et personnellemment je crois sincèrement que cela est un travail permanent très enrichissant pour un manager, confronté en permanence à des situations complexes.

Bonne continuation
Cordialement
Odile FERNANDEZ

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