Trois questions traitées à travers ce blog : Outils et méthodes pour manager l'innovation ? Vers l'entreprise innovante, quels rôles pour les départements RH ? Innovations, quelles applications possibles pour les RH ?... + Management, Coaching, RH, N
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Innovation
A lire sur le sujet :
- L'article de Jeff Howe sur Wired
The Rise of Crowdsourcing
- l'article d'Hubert Guillaud sur Internet-Actu
qui résume et commente l'article précédent
La montée du “crowdsourcing”
- http://www.crowdsourcing.com/
le blog de Jeff Howe
Extraits de ces articles
Crowdsourcing = “l'approvisionnement par la foule”.
Le principe de fonctionnement de ces nouvelles entreprises est simple : utiliser le temps disponible des gens pour créer du contenu, résoudre des problèmes, voire même faire de la R&D, explique Jeff Howe pour Wired.
Exemple 1 : Pour l'innovation et R&D
- Innocentive : http://www.innocentive.com/
la mise en relation de problématiques en innovation et de propositions de solutions
-un service similaire
http://www.ninesigma.net/
- Yourencore : http://www.yourencore.com
la mise à contribution d'ex-chercheurs à la retraite
Ed Melcarek, un scientifique de 57 ans membre de Innocentive, a ainsi gagné 25 000 dollars en aidant la R&D de Colgate-Palmolive à trouver une nouvelle solution pour injecter de la poudre fluorée dans un tube de dentifrice.
“I saw that a lot of the chemistry challenges could be solved using electromechanical processes I was familiar with from particle physics,” he says. “If I don’t know what to do after 30 minutes of brainstorming, I give up.”
“La force d'un réseau comme InnoCentive provient de la diversité des profils intellectuels qu'il recrute”, affirme Karim Lakhani qui a étudié le phénomène.
“Chaque année, les budgets de recherche augmentent plus vite que les ventes. Notre modèle de R&D traditionnel est épuisé”, explique Larry Huston qui a récemment bouleversé le département R&D de Procter & Gamble, en développant l'acquisition d'innovation (passée de 15 à 50 % du budget R&D de P&G).
Exemple 2 : En création
Claudia Menashe, qui préparait une exposition photo pour le Musée national de la santé américain, a trouvé son bonheur dans une place de marché en ligne. iStockphoto, lui a permis en effet d'exploiter les photos de centaines d'amateurs, à un dollar pièce, plutôt que celles d'un photographe professionnel, Mark Harmel, avec lequel elle s'apprêtait à travailler, et qui était pourtant près à lui faire une ristourne pour participer au projet. “
Exemple 3 : le crowdsourcing pour le grand public
http://www.mturk.com
Mechanical Turk d'Amazon, la “place de marché du pauvre”, conçue pour ceux qui n'ont aucun talent particulier et qui propose de réaliser des petites tâches comme identifier ce qui est photographié sur une image contre quelques centimes. iConclude utilise notamment les “turcs” d'Amazon pour faire réaliser des bouts de programmes ou des graphiques.
For software developers, the Amazon Mechanical Turk web service solves the problem of building applications that until now have not worked well because they lack human intelligence. Humans are much more effective than computers at solving some types of problems, like finding specific objects in pictures, evaluating beauty, or translating text. The Amazon Mechanical Turk web service gives developers a programmable interface to a network of humans to solve these kinds of problems and incorporate this human intelligence into their applications.
Autres exemples
listés sur Wired : http://www.wired.com/wired/archive/14.06/look.html
Zazzle dans le design
marketocracy dans la finance
5 règles de ce nouveau principe d'organisation du travail :
“Le travail n'est pas encore gratuit, mais il coûte beaucoup moins cher que de payer des salariés”.
1. La foule est dispersée ;
2. La foule a peu de temps à vous accorder ;
3. La foule est pleine de spécialistes ;
4. La foule produit la plupart du temps de la merde ;
5. Mais elle sait aussi trouver la matière la plus appropriée.
Les risques du crowdsourcing vus par Hubert Guillaud
http://www.internetactu.net/?p=6470
"Avec le crowdsourcing, le monde du travail se transforme à l'heure des réseaux et se redessine, en partie, dans son management et son économie".
"Les prix pratiqués par ces services sont bien souvent en-dehors de ceux du marché, déstabilisant leur équilibre."
Ce modèle peut-il se généraliser et remettre en cause celui où les utilisateurs génèrent un contenu qui fonctionne en parallèle de l'économie traditionnelle, avec ses passerelles, entre bénévolat et activité économique, telles que celle qui consiste à monnayer la reconnaissance et l'expertise acquises en participant à un projet “libre”, sous forme de conseils et de services à façon ?
b[Dans la vision que propose Jeff Howe, semble-t-il, on franchit un seuil : celui qui consiste, pour une entreprise, à remplacer la rémunération d'un salarié ou d'un professionnel indépendant par l'achat ponctuel d'un morceau de contenu ou d'une réponse, après recherche de ce qui est disponible sur le réseau. Pour le photographe amateur ou l'expert qui répond le soir depuis chez lui, il s'agit d'argent de poche, toujours bienvenu, certes. Mais au fait : De quoi vit ledit photographe amateur ? Comment développer son expertise quand celle-ci n'est plus vraiment monnayable ?
Il reste, bien sûr, à vérifier que le “crowdsourcing” peut devenir un phénomène significatif, au-delà de quelques exemples ou de quelques niches.
Mais supposons que ce soit le cas et posons-nous quelques questions : et quand tout le monde réalisera des économies en payant des clopinettes l'expertise de professionnels dispersés ou les productions d'amateurs, qui paiera ces gens-là pour qu'ils vivent, produisent, se forment, réfléchissent et consomment ?
Quand toutes les entreprises réduiront leur R&D interne pour acheter l'innovation ailleurs, qui investira le temps nécessaire à la recherche, à l'essai-erreur ? Salarier quelqu'un, payer un professionnel, c'est aussi reconnaître la valeur du temps et accepter un risque - autrement dit : investir, ce qui reste l'un des fondements de l'acte d'entreprendre. ! Tout le monde peut-il indéfiniment externaliser le risque et l'investissement ? Il y a des économies qui peuvent finir par coûter cher…
- L'article de Jeff Howe sur Wired
The Rise of Crowdsourcing
- l'article d'Hubert Guillaud sur Internet-Actu
qui résume et commente l'article précédent
La montée du “crowdsourcing”
- http://www.crowdsourcing.com/
le blog de Jeff Howe
Extraits de ces articles
Crowdsourcing = “l'approvisionnement par la foule”.
Le principe de fonctionnement de ces nouvelles entreprises est simple : utiliser le temps disponible des gens pour créer du contenu, résoudre des problèmes, voire même faire de la R&D, explique Jeff Howe pour Wired.
Exemple 1 : Pour l'innovation et R&D
- Innocentive : http://www.innocentive.com/
la mise en relation de problématiques en innovation et de propositions de solutions
-un service similaire
http://www.ninesigma.net/
- Yourencore : http://www.yourencore.com
la mise à contribution d'ex-chercheurs à la retraite
Ed Melcarek, un scientifique de 57 ans membre de Innocentive, a ainsi gagné 25 000 dollars en aidant la R&D de Colgate-Palmolive à trouver une nouvelle solution pour injecter de la poudre fluorée dans un tube de dentifrice.
“I saw that a lot of the chemistry challenges could be solved using electromechanical processes I was familiar with from particle physics,” he says. “If I don’t know what to do after 30 minutes of brainstorming, I give up.”
“La force d'un réseau comme InnoCentive provient de la diversité des profils intellectuels qu'il recrute”, affirme Karim Lakhani qui a étudié le phénomène.
“Chaque année, les budgets de recherche augmentent plus vite que les ventes. Notre modèle de R&D traditionnel est épuisé”, explique Larry Huston qui a récemment bouleversé le département R&D de Procter & Gamble, en développant l'acquisition d'innovation (passée de 15 à 50 % du budget R&D de P&G).
Exemple 2 : En création
Claudia Menashe, qui préparait une exposition photo pour le Musée national de la santé américain, a trouvé son bonheur dans une place de marché en ligne. iStockphoto, lui a permis en effet d'exploiter les photos de centaines d'amateurs, à un dollar pièce, plutôt que celles d'un photographe professionnel, Mark Harmel, avec lequel elle s'apprêtait à travailler, et qui était pourtant près à lui faire une ristourne pour participer au projet. “
Exemple 3 : le crowdsourcing pour le grand public
http://www.mturk.com
Mechanical Turk d'Amazon, la “place de marché du pauvre”, conçue pour ceux qui n'ont aucun talent particulier et qui propose de réaliser des petites tâches comme identifier ce qui est photographié sur une image contre quelques centimes. iConclude utilise notamment les “turcs” d'Amazon pour faire réaliser des bouts de programmes ou des graphiques.
For software developers, the Amazon Mechanical Turk web service solves the problem of building applications that until now have not worked well because they lack human intelligence. Humans are much more effective than computers at solving some types of problems, like finding specific objects in pictures, evaluating beauty, or translating text. The Amazon Mechanical Turk web service gives developers a programmable interface to a network of humans to solve these kinds of problems and incorporate this human intelligence into their applications.
Autres exemples
listés sur Wired : http://www.wired.com/wired/archive/14.06/look.html
Zazzle dans le design
marketocracy dans la finance
5 règles de ce nouveau principe d'organisation du travail :
“Le travail n'est pas encore gratuit, mais il coûte beaucoup moins cher que de payer des salariés”.
1. La foule est dispersée ;
2. La foule a peu de temps à vous accorder ;
3. La foule est pleine de spécialistes ;
4. La foule produit la plupart du temps de la merde ;
5. Mais elle sait aussi trouver la matière la plus appropriée.
Les risques du crowdsourcing vus par Hubert Guillaud
http://www.internetactu.net/?p=6470
"Avec le crowdsourcing, le monde du travail se transforme à l'heure des réseaux et se redessine, en partie, dans son management et son économie".
"Les prix pratiqués par ces services sont bien souvent en-dehors de ceux du marché, déstabilisant leur équilibre."
Ce modèle peut-il se généraliser et remettre en cause celui où les utilisateurs génèrent un contenu qui fonctionne en parallèle de l'économie traditionnelle, avec ses passerelles, entre bénévolat et activité économique, telles que celle qui consiste à monnayer la reconnaissance et l'expertise acquises en participant à un projet “libre”, sous forme de conseils et de services à façon ?
b[Dans la vision que propose Jeff Howe, semble-t-il, on franchit un seuil : celui qui consiste, pour une entreprise, à remplacer la rémunération d'un salarié ou d'un professionnel indépendant par l'achat ponctuel d'un morceau de contenu ou d'une réponse, après recherche de ce qui est disponible sur le réseau. Pour le photographe amateur ou l'expert qui répond le soir depuis chez lui, il s'agit d'argent de poche, toujours bienvenu, certes. Mais au fait : De quoi vit ledit photographe amateur ? Comment développer son expertise quand celle-ci n'est plus vraiment monnayable ?
Il reste, bien sûr, à vérifier que le “crowdsourcing” peut devenir un phénomène significatif, au-delà de quelques exemples ou de quelques niches.
Mais supposons que ce soit le cas et posons-nous quelques questions : et quand tout le monde réalisera des économies en payant des clopinettes l'expertise de professionnels dispersés ou les productions d'amateurs, qui paiera ces gens-là pour qu'ils vivent, produisent, se forment, réfléchissent et consomment ?
Quand toutes les entreprises réduiront leur R&D interne pour acheter l'innovation ailleurs, qui investira le temps nécessaire à la recherche, à l'essai-erreur ? Salarier quelqu'un, payer un professionnel, c'est aussi reconnaître la valeur du temps et accepter un risque - autrement dit : investir, ce qui reste l'un des fondements de l'acte d'entreprendre. ! Tout le monde peut-il indéfiniment externaliser le risque et l'investissement ? Il y a des économies qui peuvent finir par coûter cher…
Brigitte Roujol